POWERS

powersLes inspecteurs de la brigade criminelle Christian Walker et Deena Pilgrim enquêtent sur les meurtres impliquant des super-héros. Leurs recherches les conduisent des bas-fonds les plus glauques de la ville jusqu'aux tours brillantes où vivent des êtres immortels. L'une des super-héroïnes les plus populaires a été brutalement assassinée : Retro Girl. Alors que des informations choquantes sur cette dernière sont dévoilées, Walker comprend que pour élucider ce crime, il risque de devoir révéler son plus noir secret. Qui a tué Retro Girl rassemble les épisodes 1 à 6 de la première série powers ainsi que les comic strips powers. Le tout est orchestré par le scénariste Brian Michael Bendis (ultimate spider-man, Avengers) et l'illustrateur Mike Avon Oeming (red sonja).

A sa publication, POWERS avait fait l'effet d'une bombe: Le récit était d'un genre nouveau, adulte dans sa narration et dans son ambiance (la vie de deux flics normaux récemment associés dans une ville remplie de gugusses aux super pouvoirs), et décalé par son graphisme épuré à tendance art déco, tout droit inspiré de la série animée Batman. J'avais dévoré les 3 premiers tome sortis chez SEMIC d'un tenant, et j'attendais, bien calé dans mon starting block leurs suites... Walker et Pilgrim était cool... j'allais adorer cette série jusqu'à la fin de ma vie.(...)

Après avoir longtemps patienté (SEMIC passant la main), je me suis finalement rabattu sur les versions originales et mois après mois je restais fidèle à l'intrigue, atout majeur de la série.

Que reste t-il de nos amours?

powers-4Force est de constater que le tout sent un peu le bouchon. Si Deena et Christian restent toujours intéressants, (je ne vais pas immédiatement jeter le bébé et l'eau du bain), toute l'histoire semble tout de même aller un peu à reculons. Tout d'abord l'intrigue sent un peu le mauvais épisode de New York Police Criminelle. Aie, moi qui me rappelais des conversations percutantes au sein du commissariat, je tombe un peu de haut en me tapant des échanges à rallonge entre deux personnages principaux et une palanquée de seconds couteaux aussi inconsistants qu'un bol de Kellogs après une cuite. L'intrigue policière reste peu développé: c'est, comme un symbole, un tuyau et le hasard qui amène sa conclusion. Je finis par être agacé par  la présence de cette petite fille recueillit en début d'épisode, aux faux accents de Punky Brewster qui traine dans les pattes du héros et qui assène des vérités avec la subtilité d'un marteau piqueur qui aurait des ratés.

Un bilan moyen...

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Pour Walker comme pour moi, Powers c'était mieux avant.

Bon vu comme ça, le bilan est peu reluisant, mais c'est de mes yeux déçus du désenchantement que je vous livre ces constats. (Je jette un coup d’œil au ciel sombre et gris , puis me rassied, tenté par une clope...) Malgré tout cela mon cœur nostalgique s'accroche irrémédiablement à l'ambiance de la narration, à Christian Walker protégeant son secret (bien pâlement il faut le dire), aux couleurs et aux illustrations révolutionnaires pour l'époque, au ton cynique de Deena Pilgrim, à cet univers neuf et adulte que Bendis avait su rendre réel. L'ensemble se lit avec plaisir mais sans ce je-ne-sais-quoi qui en faisait une série à part (Gotham Central a du passer par là j'imagine). La vie est une chienne, et parfois il ne fait pas bon repenser à une ex.

[icon name="book" class="" unprefixed_class=""] 150 pages | [icon name="calendar" class="" unprefixed_class=""] 2001 | Semic/Panini en France Image en v.o.
Scénario6.3
Illustrations6.5
Ambiance6.2
Rythme6.1
Cohérence6.3
Top-Ten-O-Mêtre6.9
Pour être crédible dans la vie, on ne peut pas simplement s’attacher à un souvenir que l'on ne remet jamais en cause. Pour être fort, il faut s'inscrire dans la durée. Powers Tome 1, m'a laissé un gout dans la bouche de grisaille et de vieillesse triste. Mais je suis un homme fidèle et persévérant: je vous livrerai un nouveau verdict après les cinquante premiers épisodes si celui-ci venait à changer. (j'aperçois un minuscule filet de soleil à travers mes stores fermés)
Bande Son Conseillée: FOALS / Spanish sahara / 2010
6.4
Notes des lecteurs: (2 Notes)8.1

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