DEADLY CLASS

deadly-class-11987, San Francisco. Marcus Lopez, fils d'immigrés nicaraguayens et SDF depuis plusieurs années, peine à trouver un sens à sa vie. Alors qu'il pense sérieusement à mettre fin à ses jours, il fait la rencontre de Saya, une mystérieuse jeune fille qui va lui ouvrir les portes de l'Académie Kings Dominion des Arts Létaux. Il découvre alors l'existence d'une école où l'on enseigne aux héritiers de l'élite financière à ériger le meurtre au rang d'art. Marcus a désormais un but dans la vie, il va tuer celui qu'il considère responsable de la mort de ses parents : Ronald Reagan.

deadly-class-6Waouh, quelle claque. Le genre qu'on attendait pas vraiment, qui vous surprend un bon bout de temps, le genre qui vous fait regarder un long moment le plafond et  fixer sur les imperfections qu'il révèle alors que vous n'aviez rien vu de tel auparavant. J'étais tranquillement entre deux chapitres de si c'est un homme de Primo Levi lorsque j'ai voulu faire une pause et me retirer de ce poids de culpabilité qui m'étreins dans le fait que je suis un type qui se lève chaque matin dans des draps qui sentent bons et qui m'enveloppe de chaleur, que je n'apprécie qu'à peine le gout subtil d'un croissant nature au petit dej, et je me suis jeté dans la lecture du dernier opus de Rick Remender, non sans avoir lancé it's blitz des Yeah Yeah Yeahs sur ma chaine emplissant autant la pièce de son surround que de soleil en ce doux matin d'octobre... Une heure plus tard (oui je lis lentement car je m'égare en fermant les yeux à de nombreuses reprises), l'album Deadly Class de Remender & Craig, posé sur mon ventre, j'explore les sentiments que venait de me procurer sa lecture.

deadly-class-2Je le dis sans honte, je ne m'attendais pas à cela. j'ai même eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire. J'avais comme une sensation d'un truc qui commençait mal: des caricatures de poseurs, des poncifs un peu lourds, un je ne sais quoi de too much dans la narration (une école de Harry Potter du meurtre, oh pfff pitié)...plein d'à priori... Et puis à un moment que je n'arrive désormais plus à identifier, tout a roulé, l'histoire à pris forme et elle n'étais pas celle que je m'attendais à avoir. Elle est même très loin de celle que j'escomptais.

deadly-class-4Ce n'est pas du tout l'histoire de comment on devient le plus grand meurtrier de tous les temps, non... Bien au contraire et sans vouloir vous révéler quoi que se soit sur le contenu, c'est un récit sur la solitude. Point final je n'en dirais pas plus. Je ne veux dévoiler qu'une chose c'est que j'adore, j'espere de tout cœur que le niveau élevé de ce début de série perdurera le plus longtemps possible. Remender travaille par petites touches et le récit s’élève petit à petit jusqu'à conclure de façon grandiose, Deadly class est bien plus qu'une simple histoire, c'est de la littérature.  Le scénario est fin et précis, non linéaire, surprenant, les textes sont magnifiquement bien choisis, l'ambiance entre un livre de Brett Easton Ellis et Hunter S. Thompson est géniale avec ce petit arrière gout des années 80 un peu fluo et un peu suicidaire, les illustrations sont grandioses, les couleurs uniques. En peu de mots: Deadly Class est incontournable!

 [icon name="book" class="" unprefixed_class=""] 176 pages | [icon name="calendar" class="" unprefixed_class=""] 2015 | Collection URBAN INDIES prix de lancement: 10 €
Scénario7.5
Illustrations7.7
Ambiance7.9
Rythme7.9
Cohérence7.6
Top-Ten-O-Mêtre8.2
Difficile sera l'attente jusqu'au Tome 2 (prévu en novembre), mais quel pied ce premier album. Rick Remender se hisse récit après récit, à un niveau auquel je ne m'attendais pas à le voir. La découverte des illustrations de Wes craig et le ton unique de Deadly class en font un de mes favoris du moment. Du très bon!
Bande Son Conseillée: Yeah Yeah Yeahs / Dull life , Soft shocks ou Runaway / 2009
7.8
Notes des lecteurs: (9 Notes)9.2
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