BLACK SUMMER

Quand on combat pour le bien, jusqu’où peut-on aller? Les sept armes, groupe de héros améliorés technologiquement et sous vague influence des services secrets, combattent la corruption dans la rue. Mais la lutte est inégale et le champ de bataille infini. John Horus, leader emblématique, propre sur lui et bienveillant sait ce qui est bon pour vous. Et il est déterminé à faire le bien, que vous le vouliez ou non... Quitte à plonger le pays dans le chaos. Le président va l'apprendre à ses dépens.

Derrière ce pitch qui peut paraitre minimaliste, (à juste titre peut être? ) il y a l'énergie du duo Warren Ellis (Hellblazer, Planetary, Trees) au scénario et Juan José Ryp (No Hero, Wolverine: le meilleur dans sa partie...) au dessin. Ryp est le digne successeur de Geoff Darrow, ses planches fourmillent de détails et de fioritures, ses cheveux sont toute de circonvolution faite, et le tout est un régal pour les yeux... Même si je dois avouer que ce n'est pas ma came ultime, ça fait quand même rudement  plaisir à regarder si ça reste à petite dose. Le black-summer-4moins que l'on puisse lui laisser, c'est que c'est impressionnant à la première lecture, et aux quelques suivantes... Si les illustrations sont ce qui frappe en premier à la lecture de ce Black Summer, le scénario et les dialogues ne le desservent en rien. C'est bien construit, comme toujours avec Ellis, et l'on se projette assez facilement dans cet univers plutôt cohérent. C'est violent aussi, dans la réalité de l'action, dans le fait que personne n'a l'air de pouvoir survivre assez longtemps au vue du déchainement de violence annoncé... Dans les mots également... (mais sans la finesse d'un Watchmen par exemple) C'est un peu trop bourrin à mon gout, mais une part de moi (probablement celle qui me fait regarder instinctivement certaines voitures et le cul des filles dans la rue) apprécie cette énergie qui consiste à détruire.  Tout cela me met mal à l'aise, c'est vrai, mais c'est inscrit dans nos black-summer-1gènes de mammifères n'est ce pas? toutes ces conneries de territoires et de reproduction... Mais je m'égare... Certains personnages sont intéressants (Black Tom en particulier) sans être révolutionnaires, le genre baroudeur alcoolique et sur le déclin physique n'est pas rare dans les comics, les autres le sont nettement moins et sont plutôt plats et racoleurs:  le gros gars musclé et les filles fatales et létales... Black Summer sans être énormissime, procure quand même des bons moments pour les gros beaufs dans mon genre en manque d'adrénaline, frustré par un travail de bureau quotidien et probablement castrateur, il représente une alternative intéressante à l'achat d'un coupé sport de chez Volkswagen, moins voyant et moins cher, et donne l'illusion temporaire de pouvoir maitriser par la puissance et la détermination un petit bout de votre vie, noyée dans le vaste monde froid.

Ah oui, et quand j'y pense, cela s'adresse aux éditeurs de chez Milady, qui publie cet album (comment cela ils n'existent plus? ): mettre en quatrième de couverture "Vous avez aimé Watchmen, vous aimerez Black Summer..." ... Ça ne se fait pas. C'est ridicule.

[icon name="book" class="" unprefixed_class=""] 190 pages | [icon name="calendar" class="" unprefixed_class=""] 2009 | Collection Milady
Scénario6.3
Illustrations7.2
Rythme7.1
Ambiance7.2
Cohérence7.1
Top-Ten-O-Mêtre6.9
Le monde est moche, c'est une réalité (pour preuve vous aurez demain) il faut se battre pour survivre chaque jour, chaque instant, et les mensonges de vos proches vous retourne de l'intérieur, vous qui n'aspirez qu'à observer le mouvement de l'herbe sous le vent et à entendre les petits souffles de votre chat pendant son sommeil. Black Summer est là pour vous rappeler qu'un jour ou l'autre vous serez perdu pour la cause, que votre petit poing pathétique se serrera et que quelque chose sera mort en vous.
Bande son conseillé : Yo La Tengo / Electr-O-Pura / Blue Line Swinger / 1995
7
Notes des lecteurs: (8 Notes)6.1

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