STRAY BULLETS

stray-bullets-1Été 1997, deux individus tentent de faire disparaître un cadavre contenu dans leur coffre de voiture mais la fragilité psychologique de l'un des deux va contribuer à compliquer la situation, qui va dégénérer, au point de voir les victimes se multiplier…

Été 1977, Après une sortie cinéma avec sa grande sœur, la petite Virginia, assiste seule à un double meurtre. Dès lors, le comportement de la jeune fille sera altérée et présentera des signes d'agressivité incontrôlable…

Été 1980, lors d'une soirée festive,  Nina rencontre Led, puis passent la nuit ensemble. Il lui promet qu’il ne la quittera plus. Mais l'univers de Led est dangereux, car fait de dealers et de tueurs… Pourront-ils vraiment vivre une histoire d’amour dans ce milieu malsain et cruel ?

La couverture qui m'a fait acheter mon premier numéro.

La couverture qui m'a fait acheter mon premier numéro.

Ce n'est que trois chapitres plus tard que l'on peut se rendre compte qu’il existe bien un fil conducteur dans cet ensemble de nouvelles aussi courtes qu'efficaces. Les personnages se croisent au détour de certaines planches selon les lieux et les ans, le lecteur, lui se retrouve embarqué dans ce voyage aussi cru qu'une lumière de néon de supermarché chinois par un Lapham extrêmement inspiré, dans la plus pure lignée d'un Adrian Tomine sous acides ou d'un Robert Altman élevé en rase campagne...

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Un de ces moments qui vous remuent.

Et si individuellement les scénettes de Stray Bullets sont déjà formidablement inspirées, de par cette écriture et cette forme narrative unique, c'est au moment de l'imbrication de chaque petite pièce l'une dans l'autre, que l'ensemble prend une tournure exceptionnelle. David Lapham, totalement inconnu à cette époque (guère d'avantage aujourd'hui) nous livre des petites briques d'adrénaline ou d'émotions, touche par touche, avec quelques moments d’anthologies visuels, comme cet instant où le regard de la petite Ginny va croiser celui d'un tueur à gage sortant d'une ruelle sombre et ayant froidement abattu son contrat, influant ainsi sur les destinées des deux protagonistes dans d'éventuels autres épisodes (antérieur et postérieur, d'où la compréhension parfois complexe pour le lecteur). Cette complication de fait, donne l'impression que la relecture est  plus agréable que la première lecture, mais le plaisir de relier l'ensemble via les découvertes progressives est immense... L'émotion et le réalisme sont présentes dans chaque molécule de chaque personnage de Stray Bullets, me faisant penser à ces nouvelles des romanciers de la beat génération, ou chaque moment peut devenir fatidique. Un récit poignant, dérangeant, dont on ne sort pas tout à fait indemne.

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Mots-clésDavid Lapham
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