THANOS : La relativité de l'infini

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Pépère et ses nouveaux-anciens potes.

Annihilus, le seigneur de la zone négative, part à la recherche d'une source d'énergie infinie. Les Gardiens de la Galaxie, Gladiator des Shi'ar et Adam Warlock sont bien décidés à l'arrêter et à mettre fin à cette menace, une fois pour toutes. Mais la réussite de leur mission repose entre les mains d'un Titan considéré comme fou : Thanos.

Thanos la relativité de l'infini m'a fait revivre un pur moment d'adolescence. Je me revois, fébrile, en cours de math (le moment du debrief comics) avec Manu, [#MadameSchruoffenegger] entrain de lui expliquer après la lecture du dernier Récit Complet Marvel du trimestre (ahhh, nostalgie des RCM) Le défi de Thanos, que le Japon avait cessé d'exister, que le possesseur du pouvoir ultime flirtait avec la mort (au sens premier), que l'ensemble des héros Marvel avait l'air d'une bande d'enfants sortis d'une classe d'école maternelle prêt à se prendre une belle fessée déculottée face à Thanos et que je ne voyais pas comment ils allaient faire pour régler ce problème.

La couv' de l'époque qui fleure bon les années 90.

La couv' de l'époque qui fleure bon les années 90.

J'ai eu cet effet à l'achat de cet album de la collection graphic novels, qui regroupe des essais sympas comme Avengers Endless Wartime ou autre Avengers : La rage d'Ultron... Format un peu plus grand que la moyenne des comics tendant vers le modèle européen, et assez fin (un peu plus d'une centaine de pages). Si la présentation et le concept sont assez sympas, pour le reste des émotions, il en est tout autre.

Jim Starlin était un peu le papa du concept galactique à la fin des années 70 (avec King Jack bien sûr), après s’être fait un nom à l'aide d'un relaunch génial du Captain Marvel de l'époque, c'est surtout avec La mort de Captain Marvel, album top BD paru en 1992 et premier graphic novel officiel de la maison des idées, juste monumental pour l’époque, qu'il avait conquis mon cœur et était devenu l'un de mes auteurs favoris (enlarmant à chaque relecture de cet ovni, mes yeux plein d'étoiles). Mais les années 90 sont loin derrière nous, et relancer ce Thanos un peu sortit de nulle part maintenant, puisqu'il est parallèlement revenu dans les débats via le méga crossover Secret Wars (voir par ailleurs), est une idée un peu casse gueule il faut l'avouer. Nous voila donc à écouter les soliloques mystérieux et souvent incompréhensible de ce bon vieux pépère au menton improbable, en attendant qu'une bonne trouvaille scénaristique nous surprenne. Mais soyons honnête, elle ne viendra jamais. Le récit est une vraie purge. Les dessins sont moyens/moins, ce qui à l'époque était acceptable ne l'est plus de nos jours avec la profusion des talents actuels. Au niveau du scénario, en dehors du fait que je n'ai pas la moindre idée de ce que Jim Starlin a voulu provoquer chez nous à part un ennui infini, on se fait chier comme un rat mort. Pire : c'est aussi pénible à vivre qu'un bon vieux détartrage.

Épuisant...

thanos-4Dans ce récit au rythme catastrophique, on fourre à peu près tous les personnages emblématiques de ces séries qui ont fait le passé glorieux de Marvel in space sans aucune cohérence et pire encore, sans aucun but, si ce n'est de la grosse castagne cosmique. Triste à pleurer. Les gardiens de la galaxie s'engueulent avec les gardiens de l'infini (l'ancienne mouture avec Pip le troll, [soupir...]), un Adam Warlock 3.0 surboosté pour la bagarre mais qui est également une réincarnation de Dieu (WTF !?), un Annihilus géant qui exile fastoche Thanos dans un univers blanc d’où le titan ne s’échappera qu'en se suicidant à l'aide de ses rayons (maxi spoiler mais on s'en fout comme c'est de la merde !!!), un Surfer d'argent et un Gladiator qui font de la figuration...Pfff j'en perds même l'envie de vous comptabiliser les âneries que j'ai lu dans ce bouquin... Il ne manque que les remarques pas drôles de Rocket Raccoon pour achever le tableau. Ah ben si, elles y sont. Navrant jusqu'au dernier détail.

J'aurais du comprendre dès le titre que quelque chose clochait. A présent je vais me débarrasser de cette daube, retourner le temps dans ma tête pour oublier ce que j'ai lu, et faire comme si Jim Starlin était un bon souvenir. C'est peut être ça finalement la relativité de l'infini.

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[icon name="book" class="" unprefixed_class=""] 112 pages | [icon name="calendar" class="" unprefixed_class=""] 2015 | Collection Marvel Graphic novels
Scénario2.2
Illustrations3.3
Rythme2.3
Ambiance3.9
Cohérence3.5
Top-Ten-O-Mêtre3
Grotesque jusque dans le titre. Seul la nostalgie peut aider à apprécier un tout petit peu cet opus (et encore). Passez votre chemin et allez lire du bon Jim Starlin, ça doit se trouver en occasion.
Bande son conseillée : Dead can dance / Into the labyrinth / The ubiquitous Mr Lovegrove / 1993
3
Notes des lecteurs: (3 Notes)3.1

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