INHUMANS : BY RIGHT OF BIRTH

Bret Blevins au sommet de son art.

Bret Blevins au sommet de son art.

Médusa, reine des inhumains, apprend à son mari et souverain, Black Bolt (Flèche noire) qu'elle attend un enfant. Le conseil qui régente au quotidien les lois de pureté de la lignée de leur ancestrale race, ne l'entend pas ainsi et proscrit cette naissance, provoquant ainsi sa fugue sur terre aussi soudaine que vaine. Elle y est rejointe par les plus fidèles membres de la famille royale, Gorgone, Karnak et Triton pour donner naissance à Ahura. La naissance de cet héritier au trône d'Attilan est-elle réellement une malédiction comme le craignent les anciens ?

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La Médusa femme-enfant de Blevins est magnifique.

Premier graphic novel et mise en lumière pour la célèbre famille royale de Marvel crée par Jack King Kirby et l'inénarrable Stan "Excelsior" Lee en 1965. L'album s'ouvre sur les failles de cette société étrange où l'unicité est élevée au rang d'art de vivre. Gorgone assiste impuissant, à une défenestration d'une jeune future mariée, ne supportant pas l'idée de son mariage arrangé (pour contrôler les mutations, un conseil d'anciens sages, gardien des valeurs et garant du devenir de leur société, décide si les mariages sont validés et si le droit de procréer est accordé, au cas par cas). Le cadre mature de l'histoire est posé d'entrée, même si l'histoire date de 1988, (au passage je comprends pourquoi Lug n'avait jamais publié cet album en France où l'époque était plutôt à la découpe préventive pré-censure), les thèmes favoris d'une Ann Nocenti  particulièrement inspirée au scénario, à savoir l'injustice de la société et la pollution sont omniprésents dans ce récit d'une grosse soixantaine de pages. Bret Blevins que j'avais particulièrement dans le pif à l'époque de son arrivée sur les nouveaux mutants, est génial sur ce récit, ses traits si particuliers, ses courbes fluides, ses corps et ses visages déformés paraissant étrangement souffrir, mais également une Médusa femme-enfant sont un régal pour les yeux. On apprécie totalement différemment un style quand il y a plus Inhumans-5de 20 ans d’écarts entre deux vues. On retrouve dans ce récit tous les composants que Paul Jenkins reprendra pour sa version des années plus tard : les visions opposés de Gorgone et Karnak, la solitude de Triton, l'immense souffrance de Black Bolt, les tendances eugéniques de cette société un peu malade et totalement refermée sur elle-même... (oubliant tout de même totalement cette histoire d'héritier) et qu'il me tarde à présent de relire. Une mention toute particulière à leur vision de Maximus le fou, frère dérangé de Flèche noire, particulièrement émouvant dans son rôle de victime, persuadé d’être fou car Flèche noire aurait fait usage de son cri si monumental qu'il en aurait tué leurs parents et abimé quelque chose définitivement en lui.

Un très bon moment de lecture uniquement disponible en version originale chez nos amis de Book Depository à moins qu'un éditeur français ne se fasse plaisir ?

[icon name="headphones" class="" unprefixed_class=""] Bande son conseillée : Sufjan Stevens / The age of ADZ / Too much / 2010

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