HARD TIME : 50 TO LIFE

hard-time-2Ethan Harrow et Brandon Snodd, deux lycéens d'une quinzaine d'années, mal dans leur peau et victimes de la pression sociale, décident d'effrayer leurs tourmenteurs dans une prise d'otages à la Columbine, mais les choses tournent mal et des étudiants meurent. Des deux, seul Ethan s'en sort vivant. Il est condamné à 50 ans de prison, peine qu'il purgera dans une prison d'état où, seul dans un monde qu'il ne connait pas, le quotidien est chaque jour de plus en plus difficile... Néanmoins Ethan est le possesseur d'une espèce d'énergie spectrale dont il n'a absolument pas connaissance de l’existence, qui se déclenche à certains moments clés, souvent lorsqu'il est à la limite de l'inconscience. Cette entité va se révéler un allié solide face aux multiples vicissitudes qui l'entourent.

Steve Gerber (créateur d'Howard the Duck, Superman : Last Son of Earth) construit habilement par petites touches, une intrigue à mi-chemin entre le drame de la vie en prison pour un gamin de quinze ans, qui dans un accès de connerie s'est retrouvé dans le pire endroit du monde, et la fable hard-time-1surnaturelle. Les épisodes où se mêlent les prisonniers et cette étrange entité, sorte de démon fantomatique d'apparence gazeuse (entre Johnny Thunder et Zaxx), viennent rompre les intrigues classiques du quotidien (bien évidemment le héros va se retrouver à se débattre au milieu de problèmes insolubles de gestion de groupes gérée par un quota quasi mystique dans ce genre d'ambiance : aux habituels néo-nazis et autre clan de blacks et chicanos, on ajoute le petit minet efféminé et le type pathétique, responsable d'un crime atroce, ici un petit pleurnichard qui a violé une femme noire avant de la tuer à coup de pierres, en bonus un personnage de fanatique religieux qui a tué trois personnes dans une clinique d'avortement, et assez omniprésent dans le premier story-arc de 7 épisodes). Les illustrations de Brian Hurtt (The Sixth Gun) sont parfaites et tendent à rajouter du plaisir à la lecture tout comme la merveilleuse mise en couleur de Brian Haberlin toute d'ambiance monochrome aux teintes variables selon les passages : un vrai régal pour les yeux. Les émotions sont fortes et intenses, le propos est mature, les dialogues maîtrisés, l'histoire est incroyablement immersive. La qualité de ce premier album publié en 2004, [12 épisodes au total, puis une suite nommé hard time saison 2 (empruntant fort habilement certains codes aux séries télés dont il respecte étrangement le format, une adaptation serait-elle possible?)] ne se dément pas, une pépite définitivement, même si on n'atteint pas les sommets de l'art carcéral entrevue dans Hellblazer: Hard time.

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