FANTASTIQUES Vs X-MEN

Ambiance Take Shelter chez les FF.

Ambiance Take Shelter chez les FF.

Kitty Pride des X-Men est en danger. Suite à l'affrontement des maraudeurs elle est tout bonnement en train de petit à petit se désintégrer, et face à cette situation ses équipiers sont impuissants. Pour tenter de la sauver ils font appel au plus grand scientifique connu : Red Richards des Fantastiques. Mais celui-ci en proie à de violents doutes personnels dû à la résurgence d'un mystérieux journal, se sent dans l'incapacité de prendre les choses en main pour la sauver. Une ultime solution se présente alors à eux en la personne du Docteur Fatalis qui semble être son dernier espoir. Qu'est-ce qui empêche le fondateur du plus grand groupe de héros que la terre ai connu de la sauver ? Est-ce la terrifiante perspective d'échouer ou le fait que certaines vérités étouffés soient ressorties récemment et mettent en péril tout ce sur quoi les fantastiques reposent ?

Deuxième pépite de ma semaine spéciale les Quatre Fantastiques, en quête de rédemption après une maltraitance chronique ignoble et imméritée de la part de la Maison des idées ces dernières années et notamment des films qui ont donné envie de mourir à mon cerveau et à mes yeux. Qu'est-on prêt à faire pour atteindre un objectif ? Peut-on s'allier à n'importe qui pour sauver quelqu'un ? Peut-on, afin de protéger le plus grand nombre trahir ses proches froidement ? Peut-on se reprendre lorsque le doute s'empare de nous et que le moment est crucial ? Peut-on réaccorder sa confiance à quelqu'un qui l'a froidement trahit ? Qu'y a-t-il dans le journal de Red Richards ? Autant de questions soulevées par l'un des récits qui aura marqué mon enfance. Sacré programme.

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Un récit constellé de moments intenses.

J'ai grandi un peu tout seul dans mon coin, avec des parents totalement absent. Dans ma tête seulement une idée de la famille idéale, une abstraction. Une représentation personnelle de ce qui devait être le but recherché : Les Fantastiques. Unis quoiqu'il arrive malgré, les difficultés et les dissensions, le temps, les autres... unis malgré leurs différences et les blessures secrètes. Red, Susan (qui s’appelait Jane grâce aux traducteurs de l'époque), Johnny et Ben étaient mon modèle de cohésion familiale. Modèle extrêmement mis à mal par ce récit, où le doute s'empare de chacun, fragilisant à l’extrême, la base sur laquelle repose l'ensemble : la confiance. Du côté de nos mutants préférés, quelques bons moments à se mettre également sous la dent, notamment une scène où l'ensemble de l'équipe exprime un vote de confiance à leur leader charismatique (Tornade) pourtant dénuée à ce moment de capacité spéciale (par opposition à la situation des FF en pleine tourmente). Être observateur de l'union sacrée chez les autres alors que dans sa propre famille tout se barre en sucette, est plus douloureux encore... On n'abat pas les bêtes à terre.

Un Jon Bogdanove inspiré.

Un Jon Bogdanove inspiré.

Bien sûr on pourra lui reprocher beaucoup de choses : des moments collectifs parfois balbutiants, des errements étranges comme les prises de paroles de Franklin (fils des Richards) devant l'ensemble des personnages pour calmer les débats (Que Dieu me patafiole si je trouve un jour réaliste ces moments où les enfants subitement font la morale aux adultes pour les remettre efficacement dans le droit chemin), certaines approximations visuelles également, mais bon sang, quelle intensité ! En 1988 ce n'était pas si courant de remettre en question les agissements de ceux qui étaient considérés comme des héros, et surtout les Fantastiques !

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La colère est à la mesure de la déception pour la chose.

Ce récit dégage une énorme puissance émotionnelle, relate parfaitement les moments hors action, ces instants où les héros sont en mode interne et n'interagissent que légèrement les uns avec les autres. Quelle ambiance également, notamment ces silences pesant, où Red perdu, hésitant, se demandant si sa logique et ses intentions avaient pu dépasser ses émotions dans un passé lointain. Un grand coup de chapeau à Chris Claremont pour l'ensemble, et notamment d'avoir permis aux Fantastiques dont il n'avait jamais dirigé le destin de partager équitablement la vedette avec "ses" X-Men, et cette fulgurance scénaristique qui aura rendu le quatuor cosmique plus humain encore qu'ils ne l'avaient jamais été, car possiblement faillibles.

Pour écrire cet article, c'est dans mon code de conduite, j'ai décidé de relire méticuleusement mon album. Trente ans ont passé depuis, j'ai des enfants à présent, mais mes yeux se sont embués à nouveau en le relisant. Je l'ai parcouru fébrilement, d'une traite, me remémorant facilement chaque infime détail, comme si je parcourais... Un vieil album de famille.

[icon name="headphones" class="" unprefixed_class=""] Bande son conseillée : Dj Shadow / The Private Press / Blood on the Motorway / 2002

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