SUICIDE SQUAD

suicide-squad-2Ils étaient condamnés à passer le restant de leurs jours derrière les barreaux, mais le gouvernement en a décidé autrement. Harley Quinn, Deadshot, King Shark et El Diablo font désormais partie d'un escadron suicide envoyé sur le terrain quand une mission s'avère trop dangereuse. Une équipe de super-criminels sacrifiables dont le premier objectif sera de venir à bout d'un stade peuplé de plusieurs milliers de spectateurs infectés. Par quoi ? Par qui ? La Suicide Squad est sur le coup !

Reservoir Dogs-like.

Reservoir Dogs-like.

Trio d'auteur méconnu, pitch archi-casse gueule, couverture approximative et peur de la surabondance d'une Harley Quinn omniprésente depuis quelques années dans le paysage comics-ien mondial : Tout était réuni pour que je me sente en présence d'un comics- gamelle. Dire que je me suis lancé dans ce Suicide Squad à reculons est une gageure, tous les voyants laissaient plutôt supposer (attention piètre jeu de mot) à une opération suicide (roulement de tambour). Pourtant dès les premières pages je me suis senti relativement à l'aise à parcourir les débuts de cette équipe composée à la fois de vieux briscards de l'écurie DC et de personnages inconnus ou crées pour l'occasion. La faute à une narration tout à fait honnête d'Adam Glass que je découvre pour ce comics. (En fait après avoir été scénariste et producteur pour des séries télévisées américaines, il a commencé par écrire du Deadpool pour Marvel, raison pour laquelle son nom ne me disait rien, car oui, je suis allergique aux guignols en caleçons rouge et noire crées par Rob Liefield). L'ensemble paraissait pourtant trop léger pour pouvoir  m’intéresser, mais alors que diable s'est-il passé pour que je parcoure ce tome 1 d'une traite avec une envie de le découvrir assez intacte du début à la fin ?

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Une Harley Quinn tout en courbes.

Tout d'abord, Suicide Squad poursuit l'histoire éditoriale de cette équipe d'anti héros apparue pour la première fois en 1959 dans la série The brave and the bold, puis popularisée par John Ostrander à partir de 1987. De ce noble héritage, Adam Glass va redistribuer certaines cartes, en y remettant quelques ingrédients d'époque (Deadshot, Amanda Waller) tout en saupoudrant une certaine fraicheur, et il faut le dire, avec un certain talent. Le ton est impertinent, frais et un peu violent, mais jamais ridicule (et pourtant que cette dérive est facile...) Les dialogues sont biens suicide-squad-3sentis (sans avoir la verve grandiloquente et si narcissique d'un Authority par exemple) et les épisodes s’enchainent en étant très bien découpés (on sent que la gaillard a travaillé pour la télé). C'est un autre gros point fort que d'avoir une équipe composée de fous dangereux, tueurs mégalos, monstres sanguinaires ou type un peu paumé se cherchant, mais restant dans un cadre réaliste, à savoir "on fait le taf pour le gouvernement sérieusement pour réduire notre temps de peine" (et aussi un peu pour que l'on ne déclenche pas cette mini bombe dans notre cou à distance). Les relations sont parfois tendus entre les membres de l'équipe mais l’objectif prime, et par conséquent les piques ou les quelques échauffourées ne prennent pas des proportions pénibles. Certains personnages plus développés scénaristiquement, prennent le pas au niveau du charisme sur d'autres, mais tout cela reste relativement homogène, d'ailleurs la composition de l'équipe n'est pas figée : Outre le fait que la durée de vie parait courte dans l'équipe, Amanda Waller qui supervise l'ensemble des opérations d'une façon que n'aurait renié ni Kadhafi, ni le Weatherman, fait varier les membres selon les missions (Seul Deadshot, King Shark , Harley Quinn et El Diablo semblent immuables pour l'instant). C'est aussi un autre gros point positif de Suicide Squad que les personnages soient très différents et plutôt bien castés (j'ai presque eu envie d'écrire "joués"). L'ensemble prend en conséquence une substance que je ne m'attendais pas à voir dans cette série. Si les premiers épisodes sont moyens pour permettre à l'intrigue général de progresser et aux personnages de se mettre en place, par la suite les auteurs mettent en avant tel ou tel héros pour tranquillement nous le faire apparaître soit sous un jour nouveau, soit apporter un éclairage nous permettant de comprendre certains comportements (je me répète mais l'exercice avec les personnages issus de la galaxie de Gotham est extrêmement périlleux, je pense notamment à Harley Quinn sur laquelle nombres d'auteurs se sont gentiment ramassés) et j'ai à présent hâte d'en savoir plus sur les autres.

Pour le reste, on reste quand même dans quelque chose parfois à la limite du passable au niveau des illustrations, et les changements intempestifs de dessinateurs de numéros en numéros (voir parfois au sein d'un même épisode, fait que je déteste) me laisse à penser que la faille peut provenir de cette faiblesse à l'avenir... (un Federico Dallocchio au faux airs d' Andrea Sorrentino, néanmoins plus inspiré qu'un Cliff Richards -épisode 3- mièvre ou un Clayton Henry -épisode 6 & 7- passe partout). Certains passages en deviennent presque incompréhensible dans des moments axés sur de l'action (surtout ceux dessinés par Andrei Bressan -épisode 2- Berk), mais je ne boude pas mon plaisir, et l'ensemble fut aussi agréable à parcourir que d’accueillir à nouveau le printemps. Une bonne pioche tout du moins, jusqu'au tome 2.

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[icon name="book" class="" unprefixed_class=""] 160 pages | [icon name="calendar" class="" unprefixed_class=""] 2016 | URBAN Comics DC Renaissance
Scénario6.4
Illustrations5.8
Ambiance6.5
Rythme6.5
Cohérence6.5
Top-Ten-O-Mêtre6.4
Allez, c'est pas si mal. C'est rafraîchissant, c'est cynique, ça sent la série qui ne durera pas, mais qui met un petit vent frais dans la production habituelle des Batman et autre Justice League. Et puis les fans d'Harley la trouverons probablement plus sensuelle que jamais avec cet éclair de lucidité si rare dans son œil, débarrassé temporairement (dans une certaine limite) du personnage parfois si encombrant de Mister J.
Bande son conseillée : dEUS / The ideal crash / One advice, space / 1999
6.4
Notes des lecteurs: (0 Notes)0

2 comments

  1. Naouah 28 juin, 2016 at 22:01

    Bouf, pas franchement séduit. L’histoire est très mécanique, il n’y a pas vraiment de liens entre les faits. C’est au final très classique dans les thèmes, sans grande surprise, et il manque surtout ce petit côté « bad-guy » impertinent qu’on aurait attendu pour cet univers. Bon, on a certes une Harley complètement dingue et une équipe qui fonctionne plus par nécessité

  2. Renkovic
    WNM 3 août, 2016 at 08:49

    Pour le Tome 2, les choses se gâtent encore un peu plus… Comme si les auteurs avaient subitement envie d’aller aux toilettes…Apres un premier épisode sympa, tout s’accélère et ça devient n’imp.. encore un début acceptable qui se transforme en patchwork approximatif. J’imagine la tête des gens qui auront pris cet album because le film, et qui vont se dire (comble de la tristesse) « c’est quand même mieux en film ».. Et pourtant il y avait ici un bon potentiel…

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