FIGHT CLUB 2

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Graphiquement, Cameron fait toujours le taf...

"La première règle du Fight Club...", vous vous souvenez ? Mais ça, c'était avant. La cendre des glorieuses explosions d'antan est depuis longtemps retombée.
Nous sommes dix ans après la fin de la première histoire. Marla et " celui qui se fait appeler Sebastian " sont désormais mariés, englués dans une haïssable petite existence bourgeoise. Ils ont une maison, un petit garçon, sans doute une carte d'électeur – plus rien ne les distingue de leurs voisins.
Sebastian, cependant, n'est pas tout à fait guéri : il gobe des petites pilules pour juguler les symptômes de son ancienne schizophrénie. Marla, qui trompe son ennui en participant à des groupes de parole bizarroïdes, les remplace par du sucre et de l'aspirine : une façon comme une autre de faire revivre Tyler Durden, afin qu'il revienne foutre le bordel dans leur univers trop bien rangé.

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Étranges sensations paradoxales procurées par ce Fight Club version 2.0, scénarisé par Chuck Palahniuk, auteur de la nouvelle dont s'est inspiré le film, et illustré par Cameron Stewart (Catwoman, Seaguy, Human target), entre la joie de retrouver ces personnages mythiques, le plaisir de lire une aventure grinçante, pleine de cynisme et de second degrés, des dialogues intelligents, une histoire prenante, des dessins à l’esthétisme soigné et inspiré, et la déception d'avoir entre les mains un bouquin qui aurait pu être nettement, nettement mieux, la faute notamment à des moments foutraques, l'apparition du scénariste dans une mauvaise mise en abyme (n'est pas Charlie Kaufman qui veut), la surexploitation de certains personnages (mais c'est quoi ce mauvais délire de faire une armée de gamins atteint de progéria?) plutôt mauvaises-bonnes-idées que fausse-vrai-réussite, et une fin ridicule digne d'un mauvais Hanna Barbera.

fightclub-3Seul l'auteur sait réellement où il a voulu nous entraîner, et c'est pas faute d'avoir cherché dans cette confusion permanente qu'est ce récit, on n’arrête pas de se dire que l'on va comprendre, que tout va s’imbriquer miraculeusement tel un Légo Star Wars qui au début nous laisse perplexe, car on se contente de faire en série des bouts de pièces improbables, mais non, rien ne vient...A part quelques bonnes idées et autres moments plutôt amusants, pas de grande conclusion tel que le film nous l'a proposé. Au bout de quelques épisodes consécutifs où l'impression dominante est d'avoir plongé totalement dans le-What-The-Fuck-World, on perd patience... Tenir la chute est un vrai plus quand on se lance dans l'écriture d'un comics en 10 épisodes (a-ha, moi aussi je sais être cynique, Mister Palahniuk!). Dommage, l'envie était belle.

[icon name="book" class="" unprefixed_class=""] 304 pages | [icon name="calendar" class="" unprefixed_class=""] 2016 | Super 8 Editions

Scénario4.7
Illustrations7.3
Ambiance6.4
Rythme6.7
Cohérence4.5
Top-Ten-O-Mêtre6.1
Pour apprécier pleinement cet album, le truc c'est de s’arrêter de lire juste avant les derniers épisodes, d’être tolérant avec l'auteur qui semble avoir un énorme melon, et de se dire qu'on est heureux d'avoir des nouvelles de ces personnages que l'on avait adoré il y a 20 ans. Agaçant.
Bande son conseillée: Pixies / Where is my mind / Surfer Rosa / 1996
5.9
Notes des lecteurs: (2 Notes)5.7
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