MIRACLEMAN : OLYMPUS

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Superman rencontre Nietzche...

Miracleman. Nom ironique et grandiloquent pour l'un des comics qu'il faut avoir essayé si l'on se prétend amateur de ce type de lecture.

Notre avis étant déjà humblement évoqué dans ce test publié précédemment, je m'attarde présentement sur l'un des chapitres de cette série: Olympus. Toujours conté par l'inénarrable Alan Moore (bien qu'absent de la couverture française pour des motifs juridiques, c'est bien de lui dont il s'agit lorsqu'il est écrit le scénariste originel, lui conférant au passage une espèce d'aura divin tout à fait justifié) et magnifiquement illustré par un John Totleben (Saga of the Swamp Thing) souvent très inspiré.

La couverture du numéro mythique...

La couverture du numéro mythique...

Si petit à petit à travers les deux premiers albums, l'intrigue générale s'est mis en place, dans Olympus, avec sa maîtrise du rythme hors normes d'un récit, Alan amène le personnage dans sa nouvelle galaxie, à savoir l'aréopage des êtres incroyablement supérieurs. Dissertant avec son homologue féminin Miraclewoman du destin de ceux qu'il se sent le devoir de guider, et expérimentant les affres de sa nouvelle condition, Miracleman avance irrémédiablement vers la déification. Les Warpsmiths, êtres lointains font leurs apparitions et prennent de l'ampleur dans le nouveau background stellaire du personnage (reléguant les démêlés avec le docteur Gargunza vers des soucis de second ordre), les relations entre Miracleman et sa femme se tendent et se distendent suite à la naissance de leurs fille (déjà entrevue dans le tome 2), le jeune Johnny Bates alias Kid Miracleman (l'ancien side-kick du héros) fait le retour dont nous attendions tous l'issue, les conséquences des histoires mises en place commencent à se faire désormais sentir, et notamment dans le monde des humains...

Le regard glaçant de Johnny Bates...

Le regard glaçant de Johnny Bates...

Si effectivement le programme des réjouissances est élevé dans ce troisième opus publié sous une forme éminemment luxueuse chez Panini, la forme du contenu est invraisemblablement aboutie: Dialogues et dessins concordent magnifiquement pour vous faire découvrir un pur moment de l'histoire des comics. Miracleman est un cognac de douze ans d'age pour qui aimerait boire un Vieux Pape, il est 2001 Space Oddissey et The Tree of Life pour qui aimerait l'homme qui tombe à pic, il est un Suprême de volaille de Bresse au vin jaune et aux morilles pour qui se régale de Big Macs, il est Le procès de Kafka pour qui aimerait Si c'était vrai de Marc Levy... Miracleman est un récit hors normes, ciselé de main de maître par deux auteurs inspirés en diable, dont la lecture peut dérouter le néophyte, dont l'écriture si fine ressemble plus à un poème de John Keats qu'à un comics des années 80, laissant chancelant le badaud prit dans sa lecture. Plus qu'une lecture, découvrir Miracleman , ou le parcourir à nouveau, est un moment d'expériences, où la réflexion s'emporte et vous transporte dans un monde fait de constructions philosophiques sur le destin et le rôle de l’être humain, ses aspirations et ses non-sens.

miracleman2-4Quand je dis que vous ne pouvez pas passer à coté, je n’exagère rien, il convient juste de choisir le moment parfait, comme pour décider de faire un enfant. Il faut vivre cet osmose avec ce récit. Miracleman symbolise le passage définitif des comics à l'age adulte, narré par l'homme grâce à qui nous avons le plaisir de lire V pour Vendetta, Watchmen, Swamp thing, the killing joke ou encore From hell.

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