LES GARDIENS DE LA GALAXIE

gardiens-de-la-galaxie-6En l'an de grâce 3000, une dernière poche de résistance se forme dans une galaxie totalement conquise par la fameuse confrérie des Badoons, Charlie 27, un jupitérien (en fait de souche humaine, mais transformé génétiquement depuis des générations afin de survivre aux conditions particulières de son environnement, de même que certains de ses compagnons d'armes), Martinex un scientifique de cristal en provenance de Pluton, Yondu dernier survivant de la race primitive native de Centauri IV et Vance Astro, humain envoyé dans l'espace dans une combinaison dont il ne peut sortir sous peine de tomber en poussière, et qui a voyagé 1000 ans en hibernation pour atteindre sa destination, qu'entre temps d'autres humains ont déjà atteint grâce au avancées technologiques, se réunissent et forment le dernier rempart d'une certaine idée de la liberté: Les gardiens de la galaxie. Si les guerres sur Terre ne sont plus, car les Etats-Unis de la Terre y ont installé une paix durable, d'autres batailles interstellaires sont nombreuses et les aventures de nos quatre héros, bientôt rejoints par le mystérieux Starhawk et la pétulante Nikki vont nous entraîner dans un Space-Opéra digne des feuilleton d'anticipations des années 70.

Pur Gene Colan...

Pur Gene Colan...

On se calme les enfants, rien à voir avec la version "action & punchlines" Drax-Rocket Racoon-Groot. Ici nous sommes en 1969 pour la création de ces individus par Arnold Drake, Stan Lee au scénario & Gene Colan pour la partie graphique, et très épisodiquement mis en scène par l'univers Marvel dans divers magazines, par petites touches.. (le premier comics à porter le nom des gardiens se situera seulement dans les années 90), Les fans de nostalgie y trouveront leur compte, les autres resteront dubitatifs. Dans cette intégrale allant de 1969 à 1977, année après année, chaque auteur contribue à épaissir le background et les personnages (je vous rappelle tout de même qu'à cette époque tout va extrêmement vite en matière de psychologie des personnages, entre le début et la fin d'un épisode, un renversement total de posture est envisageable 🙂 ). Bon je vais être honnête avec vous (cela sous entendrait il que je ne le sois pas en permanence?), les gardiens de la galaxie sont une énorme madeleine de Proust pour moi qui les ai découvert enfant, dans les pages du cultissime magasine Titans... Honnêtement j'étais particulièrement fasciné par ces concepts de science fiction totalement flippants: Vance Astro est prisonnier d'un costume le recouvrant totalement et ne peut plus en sortir, pire encore: à la moindre égratignure son costume de cuivre permettrait à l’oxygène de pénétrer à l'intérieur et réduirait son corps en poussière, Martinex, Yondu et Charlie-27, eux sont les derniers et uniques représentants de leurs races (Martinex avait concédé délibérément d'être transformé en cristal pour vivre et travailler sur Pluton et avait renoncé semble t'il, à sa part humaine), Les Badoons qui représentent à peu près en ce temps, le summum de l'ignominie (déjà visible dans certains épisodes du Silver Surfer), ont réussit leur invasion et dominent désormais la galaxie...

Et Steve Gerber passa par là...

Avec du recul, Milgrom avait vraiment un putain de talent...

Avec du recul, Milgrom avait vraiment un putain de talent...

Et puis Steve Gerber arrive sur cette série en 1974... en dix épisodes fascinants, il impose des concepts scénaristiques bluffants pour l'époque: des églises de culte de la pensée galactique , des galaxies vivantes en forme de cadavre, des dévoreurs géants, un homme topographique capable de vivre sur plusieurs plans d'existence, un héros qui se transforme à certains moment et de façon incontrôlée en femme (des années de psychanalyse en perspective pour le jeune White Noise Maker)..et la perspective que tous les putains de héros de Marvel avaient merdé suffisamment pour que tout se barre en couille jusqu'au point où ces loosers de Badoons avaient envahis l'ensemble de la galaxie! Imaginez la tête d'un gamin de dix ans découvrant ces récits. De plus j'étais fasciné tout autant par les postures improbables et inclassables des personnages dessinés par Milgrom... Je n'arrive pas à me rappeler pourquoi mais j'étais absolument dégoûté par sa façon d'illustrer (les angles de vues en plongée/contre plongée peut être?) mais ne pouvais m’empêcher de les regarder encore et encore, à tel point qu'aujourd'hui encore certaines cases sont imprimées dans mon cortex et ce, de façon définitive... Madeleine de Proust ou pure obsession? A voir...

gardiens-de-la-galaxie-7Découvrir ces épisodes vintage reste agréable, malgré certains aspects rédhibitoires et pas mal de raccourcis à certains moments (ce sont surtout les épisodes où les gardiens apparaissent en guest star qui font mal à la tête dans l'intégrale Panini..). C'est bien ainsi que cette équipe de super héros galactique a effectué ses premiers pas, en entrant de plein pied dans la sphère des histoires entre Star Trek et Philip K.Dick, et pour les fans & les amateurs, c'est un pur régal à revivre.

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[icon name="book" class="" unprefixed_class=""] 344 pages  | [icon name="calendar" class="" unprefixed_class=""] 2014 | Panini Intégrales

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