X MEN : VIGNETTES

Les magnifiques couvertures de John Bolton.

Souvent, la mission des X-Men consiste à sauver le monde et rétablir l'équilibre dans l'univers. Mais parfois il s'agit seulement de survivre le temps d'un après-midi ou de recoller les morceaux d'un cœur brisé. Rien de dramatique à l'échelle planétaire. Juste des petite histoires ordinaires de gens extraordinaires.

Nous sommes en 1986, les X Men sont la figure de proue de Marvel depuis maintenant plus de dix ans, le succès est immense et tout a fait justifié: Un homme a réussit à hisser ce titre au delà de toute espérance: Chris Claremont. Celui dont le nom restera à jamais associé à cette franchise a alterné les collaborations grandioses avec certains des principaux artistes marquants de cette génération: Le magnifique Dave Cockrum, l'inégalable John Byrne, le poétique Paul Smith, le distingué John Romita Jr, le sauvage Marc Silvestri, etc... Au plus fort de cette période idyllique, la responsable éditoriale, Ann Nocenti propose de rééditer les épisodes cultes des débuts sous l'égide "X-Men Classic", Chris Claremont suggère quant lui d'agrémenter ces parutions avec du matériel inédit dont il sera en charge du contenu, le principe étant de placer une focale par épisode d'une quinzaine de page environ sur un moment, un personnage ou même simplement une discussion, permettant d'affiner et développer la psychologie de ces personnages ou entrevoir un nouvel angle de vue expliquant certains faits connus des lecteurs. Il se charge donc personnellement de convaincre son ami John Bolton, dont le style est pourtant bien distinct des productions super-héroïques de l'époque, pour produire l'une de ces petites perles dont MARVEL à le secret: X-Men: Vignettes.

Si vous avez été comme moi lecteur de cette série à cette époque, vous saurez de quoi je parle: Toutes les périodes qui ont succedées à cet age d'or pour ce titre, vous auront laissé le gout d'un "ce n'est pas aussi bien que quand Claremont écrivait cette série", même l'illustre Grant Morrison, qui a pourtant réalisé de la bien belle œuvre également, n'aura pas enchanté à ce point une génération entière de lecteurs. A tel point que bon nombre d'entre nous, re-dévorent ces épisodes régulièrement, années après années. C'est une sorte d'absolu dont tous les passionnés ont nourris leurs rêves.. Et je parle ici d'épisodes relus des centaines de fois chacun... Après cela, la finesse d'écriture, l'attachement à des héros si humains, puissants mais cohérents, des enchaînements d'aventures rocambolesques et invraisemblables et pourtant si cohérents, n'aura plus jamais été de la même qualité. Comment revivre des instants tels que ceux ci mais en y rajoutant un plaisir particulier , celui de la découverte? Voilà exactement la sensation que j'ai expérimenté lors de la lecture de ce X-Men: Vignettes. Dans ce recueil, les funérailles d’Épervier (ma préférée: splendide de dignité et de tristesse) la triste idylle de Colossus avec une ballerine russe, la mort de la fille de Magnéto ou encore les circonstances exactes du premier contact entre Jean Grey et le Phénix nous remettent exactement dans ces années là...(entre 1986 et 1987 pour être précis), avec ce charme si particulier d'une époque désormais révolue. Claremont prend le temps et nous raconte des moments poignants ou futiles, mais toujours intéressants.

Une douceur de trait se dégage des formidables illustrations de John Bolton, avec un fort parfum de nostalgie, des moments calmes ou moins calmes, un ton d'écriture à part, lancinant et poétique, des dialogues prenants, matures et réfléchis, des éclairages émouvants, ou amusants, c'est selon... Un véritable coup de cœur pour moi que cet album, qui comme pour beaucoup était définitivement passé sous les radars.

 [icon name="headphones" class="" unprefixed_class=""]Bande son conseillée: Cocteau Twins / Head over heels / Sugar Hiccup/ 1983

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