SUKEBAN TURBO

Shelby Buckman, lycéenne newyorkaise de 17 ans, a déjà connu un parcours sulfureux. À la tête d'un gang de filles surnommées les "Sukeban Turbo", référence à un mouvement féminin radical japonais des années 1970, Shelby revend cocaïne, MDMA et amphétamine aux hipsters de Brooklyn pour le compte de Jared, un jeune caïd de 25 ans. Le look branché et la jeunesse de Shelby et ses copines leurs ouvrent toutes les portes des soirées tendances de la ville qui ne dort jamais, et la clientèle qui va avec. Toute son existence, Shelby n’a connu que le chaos. Et elle ne s’imagine pas vivre autrement. Mais bientôt, sa vie va prendre un autre tournant... La rédemption est-elle au bout du voyage ?

De prime abord, les dessins sont sympathiques.

Il y a définitivement un avant et un après The Wicked + The Divine, en effet cet album s'est présenté comme une révolution dans la petite rédaction de Top Ten Comics... Pensez-vous! Le premier album Glénat Comics qui ne donne pas envie de renier le genre humain, de maudire la descendance des auteurs, de piquer des responsables éditoriaux avec les coins de leurs bouquins maudits pour les torturer à mort (extrêmement douloureux) des heures durant (soit le temps exact de larmes et de souffrance que leur production a engendré sur nous), de vomir en continu ma bile acerbe sur une portion de l'industrie qui se fout joyeusement et sans aucun remords des consommateurs un tantinet fragiles… Aaaah, Roche Limit et son incohérence crasse, publié sans aucune vergogne, aussi enthousiasmant que le programme de François Fillon un dimanche soir pluvieux et gris (pour mémoire),  Pretty Deadly, belle promesse qui n'aura jamais eu de suite (à relire), et surtout un inoubliable (malheureusement) Ghost, œuvre dantesque à propos de laquelle je ne m'étalerais pas davantage que dans le test déjà publié ici bas, mais qui me laisse un souvenir globalement plus négatif que mon dernier détartrage dentaire.

Glénat Comics et le lectorat doté d'un cerveau : remise à plat des compteurs ?

Non, pas tout à fait: c'est vrai que la dernière production relève le niveau général de façon spectaculaire mais ne nous enflammons pas. Toujours est-il que c'est la fleur au fusil que je suis allé m'emparer de ce Sukeban Turbo, renforcé en cela par deux bons feelings : Un design inspiré par Darwyn Cooke (qui fait mon bonheur) et le coup de la couverture douce qui fonctionne toujours sur moi (je suis une proie facile), avec une adorable illustration sur fond jaune. Diable que je n’apprends rien de mes erreurs.

Histoire pauvre et manichéenne, dialogues faiblards à la limite du ridicule. Personnages sans épaisseurs et aussi réalistes qu’un programme de Macron un matin de premier avril (un partout, balle au centre, le CSA ne nous tombera pas dessus). Rebondissements (j’ose à peine utiliser ce terme) prévisibles. Illustrations finalement bien fades au vu des promesses du premier coup d’œil. Comme dirait Françoise Sagan : Bonjour tristesse.

Un diagnostic sans appel.

parfois des séquences intéressantes se perdent et se retrouvent sur ce naufrage.

Il ne me reste qu’à présenter mollement les deux auteurs contre qui, je le précise je n’ai absolument rien. Mais en feuilletant les 20 dernières pages de cet album (justifiant ainsi son prix 17.95 pour 4 petits épisodes : tout bonnement scandaleux), je découvre des pages aussi inutiles les unes que les autres dont le summum est une interview de l’auteur Sylvain Runberg, français de nationalité (mais je ne suis pas allé vérifier tellement j’étais peiné par ma lecture), aussi inintéressante que les photos qui l’accompagnent sont navrantes. Tout cela m’a néanmoins fait doucement rire : Sylvain pose pour le photographe avec un air affairé, Sylvain sirote un milk-shake, Sylvain au téléphone, Sylvain avec un air déprimé… Sans commentaires… Les illustrations de Victor Santos, sont comme du Canada Dry, sympa dans un premier temps, et dès qu’on prend le temps de les regarder de plus près, nos yeux piquent un peu (beaucoup). Bon j'arrête les frais.

Seul point positif : L’album se finit par un « à suivre ? », laissant espérer que la torture et le foutage de gueule s’arrête ici avec le vol de ces seuls 17 Euros 95.

[icon name="book" class="" unprefixed_class=""] 146 pages | [icon name="calendar" class="" unprefixed_class=""] 2017 | Collection Glénat Comics

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Scénario3.6
Illustrations4
Ambiance4.4
Rythme4.3
Cohérence4.1
Top-Ten-O-Mêtre2.8
Joli coup Glénat Comics, je me sens comme à la fin d’Ocean’s Eleven, dans la peau du type qui n’a rien vu venir et qui n’a plus les sous en poche.
Bande son conseillée: Fun Lovin' Criminals / Come find yourself / Scooby snacks / 1996
3.9
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